Un article vraiment hot (quelques millions de degrés Celsius) !

Publié le par Dorian_G

Parfois, vous avez besoin de quitter votre "home sweet home" pour pouvoir vraiment l'apprécier...

 

Des scientifiques ont effectué des variations sur ce thème, ils ont utilisé CHANDRA (téléscope dédié à l'observation en rayons X-voir mon article sur le sujet) pour l'observation d'étoiles se situant à des centaines d'années lumières pour mieux comprendre le Soleil qui est à quelques 8 petites minutes lumière de la Terre.

La problème est la quantité de néon que contient le Soleil. Cela peut sembler ésotérique mais en la résolvant, les scientifiques espéraient connaître mieux le fonctionnement de notre étoile.

Le Soleil est évidemment l'étoile la plus proche de nous, il est de taille moyenne et donc un bon point de départ pour comprendre comment les autres étoiles fonctionnent.

Le néon, comme les atomes de carbone, d'azote et d'oxygène jouent un rôle important dans la régulation des flux d'énergie du coeur du soleil vers sa surface.

Le flux d'énergie subit une importante modification à approximativement 125'000 miles ( ~200'000 km) de la surface du soleil : d'un état de diffusion relativement stable de la chaleur, on assiste au passage à un mouvement de convection comparable à celui de l'air instable d'un orage.

La localisation  de cette région turbulente appelée "zone de convection", a été mise en évidence par l'étude des oscillations de la surface du soleil. (appelée héliosismologie par analogie avec l'utilisation des oscillations de la Terre pour en étudier ses profondeurs...)

Neon Abundance in Nearby Stars

La localisation de cette zone convective peut également être déduite avec une précision égale à partir de calculs théoriques basés entre autres sur la quantité de néon.

Et c'est justement là que le bât blesse !!

Les deux résultats divergent ! Plusieurs scientifiques ont proposé de résoudre ce paradoxe en argant que la quantité de néon dans notre étoile est en fait trois fois la valeur estimée ! En effet cette valeur estimée est basée sur des mesures indirectes puisque ce gaz aux températures relativement froides de la surface du soleil (6000°c quand même) n'offre pas de radiations caractéristiques en optique.

Cependant, un gaz chauffé à des millions de degrés celsius, produit un signal caractéristiques en rayons X.

L'atmosphère haute (couronne) d'étoiles comme le soleil a des températures de millions de degrés, ainsi la couronne solaire semble être s'endroit idéal pour tester la validité de l'étude du néon en rayons X. (pas avec CHANDRA, car les radiations solaires altéreraient de façon majeure le télescope)

Malheureusement, les rayons X solaires proviennent de nombreuses boucles localisées de gaz chaud qui varient dans l'espace et dans le temps ce qui rend l'interprétation des résultats extrêmement complexe.

Jeremy Drake du Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics et sa collègue Paola Testa du Massachussetts Institute of Technology nous apportent leur vision originale du problème.

Ils ont utilisé CHANDRA pour mesurer la quantité de néon dans 21 étoiles comparables au Soleil situées à une distance de 400 années lumières.

La quantité de néon est en moyenne 3 fois plus importante que celle estimée du Soleil !! Juste ce qu'il fallait pour faire correspondre les observations des oscillations solaires et le modèle théorique !

Pour une fois, les chercheurs ont extrapolé au soleil des résultats obtenus d'après des étoiles lointaines, mais l'inverse est toujours  valable : le modèle solaire est  un modèle de choix pour extrapoler à d'autres étoiles et comprendre le reste de l'Univers !

 

Source : le site de CHANDRA

Traduction Dorian

"L'exploration de l'Univers à des centaines d'années lumière pour étudier en fait notre Soleil me fait penser à ces nuits d'été passées à observer des étoiles si lointaines et où l'on est en fait plus proche que jamais de de notre Etre intérieur."

 

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Publié dans Astrophysique

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