Discovery space star
L'arrimage entre la navette et l'ISS, qui pèsent chacune 100 tonnes, a été effectué selon une chorégraphie orbitale très précise pour pouvoir maintenir un alignement parfait entre les deux vaisseaux et assurer leur verrouillage. Dans les trente dernières minutes avant l'arrimage, la commandante de Discovery, Eileen Collins, a maintenu une vitesse d'approche de 3 centimètres par seconde.
Les astronautes à bord de l'ISS, l'Américain John Phillips et le Russe Sergeï Krikalev, et les sept membres d'équipage de Discovery devront attendre deux heures avant de pouvoir ouvrir le sas reliant la station et la navette et se saluer.
Des vérifications de l'étanchéité des mécanismes de verrouillage entre l'ISS et la navette doivent être effectuées pendant quatre-vingt-dix minutes avant la pressurisation du sas reliant les deux vaisseaux. L'ouverture du sas est prévue à 15 h 19, heure de Paris, et le transfert des astronautes de Discovery dans l'ISS débutera à 16 h 09, heure de Paris.
Quatre heures après leur montée à bord de l'ISS, il est prévu que les astronautes de Discovery prennent un temps de repos.
DERNIER VOL ?
Discovery sera sans doute la dernière navette américaine dans l'espace tant que la NASA n'aura pas résolu les problèmes de sécurité sur ses vols.
L'agence spatiale américaine a annoncé, mercredi, la suspension de son programme de lancement en raison de la chute d'un fragment de tuile et d'un morceau de mousse isolante, tombé du réservoir extérieur de la navette peu après son décollage, mardi.
L'inspection menée sur le nez et le "bord d'attaque" des ailes, grâce à un bras robotique équipé d'un laser et d'une caméra infrarouge, n'a révélé aucun dégât, mais l'incident rappelle celui qui avait causé la désintégration en vol de la navette Columbia, le 1er février 2003.
Un bloc d'isolant d'environ 750 grammes, tombé lors du décollage, avait causé une fissure dans l'aile gauche de l'appareil. L'air chauffé à plus de 1 300 °C s'y était engouffré après la rentrée dans l'atmosphère, pulvérisant l'appareil et tuant les sept astronautes à son bord.
La NASA avait aussitôt cloué au sol les trois autres navettes de sa flotte et avait dépensé plus de 1 milliard de dollars (0,8 milliard d'euros) pour améliorer le matériel et établir de nouvelles procédures de sécurité, que l'équipage de Discovery est censé tester.
Le directeur du programme de la navette, Bill Parsons, a jugé que la fragilité persistante des isolants hypothéquait la poursuite des vols : "Tant que nous ne serons pas prêts, nous ne revolerons pas. Je ne peux pas fixer d'échéance."
INCERTITUDE SUR L'AVENIR DE L'ISS
La seule raison qui pourrait malgré tout conduire la NASA à lancer Atlantis, prochaine navette prévue sur la liste, serait que Discovery ne puisse ramener en toute sécurité son équipage, le 7 août. Atlantis récupérerait alors l'équipage sur l'ISS.
L'agence spatiale juge peu probable une telle hypothèse et assure que l'examen des images prises lors du lancement, puis l'inspection minutieuse conduite mercredi n'ont révélé aucun dégât sur les zones les plus exposées à la chaleur.
"La bonne nouvelle est que l'orbiteur Discovery semble en bon état", a déclaré le directeur adjoint du programme, Wayne Hale.
Juste avant l'arrimage, la commandante de bord, Eileen Collins, a fait pivoter la navette pour que les deux membres d'équipage de l'ISS puissent en photographier le bouclier thermique.
Les ingénieurs de la NASA et les sept astronautes doivent encore examiner, vendredi, l'entaille d'environ 2,5 cm causée par la chute du fragment de tuile.
Ces inspections s'intercalent dans un calendrier déjà très chargé, puisque l'équipage de Discovery doit ravitailler l'ISS, remplacer l'un de ses bras gyroscopiques et installer des modules de laboratoire japonais et européen, une centrifugeuse et des panneaux solaires.
Une nouvelle suspension des vols de la NASA pourrait porter un coup fatal à la station spatiale internationale, ravitaillée par les seuls vaisseaux russes Soyouz depuis l'accident de Columbia en 2003.
Ce projet ambitieux, qui a coûté 95 milliards de dollars (79,2 milliards d'euros), n'est toujours pas entièrement assemblé.
Le Monde 29/07/2005