Renaissance de la Scala ?

Publié le par Dorian_G

 






C'était mission impossible. "On ne remplace pas Riccardo Muti en un mois ou en un an", a expliqué Stéphane Lissner, jeudi 21 juillet à Milan, en présentant, trois mois jour pour jour après sa nomination à la tête de la Scala, le programme de la saison 2005-2006.

 

Le nouveau surintendant et directeur artistique du célèbre théâtre d'opéra milanais a donc choisi de faire appel, par rotation, à cinq ou six chefs d'orchestre prestigieux pour les trois prochaines saisons. Les Italiens Riccardo Chailly et Roberto Abbado, l'Américain Lorin Maazel, l'Israélien Daniel Barenboim et de jeunes talents comme le Vénézuélien Gustavo Dudamel ou le Russe Vladimir Jurowski "seront des chefs privilégiés que le public sera habitué à revoir", a précisé M. Lissner.

En moins de cent jours, le nouveau patron de l'institution lyrique n'a pas seulement cherché à bâtir la programmation de la saison 2005-2006. Il a souhaité esquisser les grandes lignes des années suivantes, car, a-t-il dit, "un projet artistique se projette sur au moins trois ans".

 

 

"ÈRE LISSNER"

 

On sait ainsi que l'oeuvre d'ouverture de la saison 2006-2007, vraisemblablement issue du répertoire verdien, sera dirigée par Riccardo Chailly, et que la saison 2007-2008 s'ouvrira avec Tristan et Isolde de Richard Wagner, mis en scène par Patrice Chéreau, sous la direction de Daniel Barenboim.

Cette année, c'est le chef britannique Daniel Harding, 29 ans, qui inaugurera ce que les critiques italiens appellent déjà l'"ère Lissner". Pour la soirée d'ouverture, le 7 décembre, il dirigera Idoménée, de Wolfang Amadeus Mozart, coproduit avec l'Opéra de Paris, dans une mise en scène du Suisse Luc Bondy. C'est un autre espoir de la musique, Gustavo Dudamel, 24 ans, qui clôturera l'année Mozart à l'automne 2006 avec un Don Juan coproduit par le Staatsoper Unter den Linden de Berlin.

Dans l'intervalle, deux autres oeuvres du compositeur autrichien seront proposées : Les Noces de Figaro, dans la mise en scène de Giorgio Strehler, sous la direction de Gerard Korsten ; enfin Ascanio in Alba (direction de Giovanni Antonini), "un opéra écrit par Mozart à Milan pour Milan", a souligné Lissner.

 

GRAVE CRISE

Le traditionnel concert de Noël est confié à Daniel Barenboim, qui dirigera la IXe Symphonie de Beethoven. Puis, en janvier, Riccardo Chailly fera son retour dans la fosse du Théâtre Piermarini avec Rigoletto , de Giuseppe Verdi. Vingt-cinq ans après sa première apparition milanaise, Lorin Maazel dirigera Tosca de Puccini.

 

Egalement au programme, des oeuvres de répertoires variés qui entendent marquer "une ouverture vers l'Europe" : Eugène Onéguine, de Tchaïkovski, dirigé par Vladimir Jurowski ; Lucia di Lammermoor, de Gaetano Donizetti, par Roberto Abbado. Stéphane Lissner a également indiqué que chaque année la Scala présenterait l'oeuvre d'un compositeur vivant (Sancta Susanna, de Paul Hindemith en 2005-2006) et un titre baroque (Didon et Enée, de Purcell).

Après la grave crise qui a paralysé le théâtre lyrique de Milan pendant plusieurs mois, le nouveau surintendant s'est fixé trois priorités : "redonner un grand projet artistique à la Scala, retrouver une rigueur économique et assurer la cohésion sociale de la maison" . Il compte s'y consacrer "à plein temps" .

Stéphane Lissner dira "à l'automne" comment il compte se libérer de ses autres activités, notamment de la direction du Festival d'Aix-en-Provence et de celle du Festival de Vienne.

Jean-Jacques Bozonnet
Publicité

Publié dans Musique

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article