Andy Goldsworthy

Publié le par Gray

Un article sur un des hommes que j'admire le plus sur cette planète paru dans le monde du 24 04 05 :

L'Écossais Andy Goldsworthy est une figure reconnue de ce que l'on appelle le Land Art contemporain. A partir d'éléments puisés dans la nature (pierres, bois, fleurs, plantes, glaces), il construit de petits édifices, de vacillants monticules, des mobiles aquatiques, de fragiles échafaudages, frêles, sensibles aux changements de lumière et de température. Rivers and Tides est avant tout un portrait de l'homme qui, face à la caméra de Thomas Riedelsheimer, explique son inspiration, sa quête personnelle, tout en façonnant et en construisant ses oeuvres singulières.

C'est avant tout à une recherche de l'essence des choses, une manière de se fondre dans un rythme naturel, cosmique, que démontre l'activité de Goldsworthy. Le montage pierre par pierre d'un monticule ovoïde, régulièrement recommencé au gré de ses effondrements, est pour lui une manière de comprendre et de ressentir la pierre elle-même. L'art est ici guidé par un étrange mélange de panthéisme ou d'animisme qui exige d'atteindre l'essence des choses en s'insinuant dans leur rythme secret, en découvrant un ordre caché dans la nature que l'activité artistique se doit de dévoiler.

Les créations de Goldsworthy sont, pour beaucoup d'entre elles, éphémères, vouées à être effacées par le vent, délavées par le soleil, renversées par le mouvement des marées. Cette dimension provisoire les inscrit ainsi dans un temps qui leur est compté.

Ce que l'on saisit ici, c'est le changement incessant, le mouvement, la transformation perpétuelle. Mais évidemment c'est la présence de la caméra qui introduit une dimension essentielle. Le cinéma est un troisième larron (après l'artiste et son oeuvre) qui vient à la fois donner un sens, introduire une vision encore nouvelle, inédite, des artefacts de Goldsworthy.

La technique permet de montrer le passage du temps sur les créations, perception inhumaine inventée par le cinéma. Mais celui-ci retrouve aussi sa nature première lorsqu'il permet de saisir l'irruption d'un événement pur dans le champ. L'écroulement inopiné d'une structure de Goldsworthy en est un qui fait partie aussi de son art et sa captation l'introduit dans un simulacre d'éternité.

 

 

 

 

 

 

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Publié dans Arts graphiques

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