De la bienheureuse influence des dauphins chez le déprimé

Publié le par Dorian_G

La vision biophilique de la nature humaine repose sur la notion d'une tendance innée de l'homme à ressentir une profonde affinité pour la vie sous toutes ses formes, source de bien-être et d'équilibre. La rupture de cette relation privilégiée avec la nature pourrait avoir des conséquences psychosomatiques néfastes, et la valeur thérapeutique du contact animal chez des personnes malades ou handicapées a déjà fait ses preuves. En matière de dépression, il existe des facteurs étiologiques d'origine environnementale et les incidences semblent plus élevées dans les pays industrialisés, ce qui a motivé cette étude de l'efficacité d'une approche des dauphins dans leur milieu naturel en tant que traitement antidépresseur.

Après recrutement aux Etats-Unis et au Honduras de volontaires présentant les critères CIM10 de dépression modérée à moyenne, une randomisation des 30 sujets inclus en 2 groupes de traitement a été effectuée : 15 d'entre eux ont nagé, joué avec et pris soin de dauphins apprivoisés une heure par jour pendant 2 semaines, tandis que le groupe témoin avait des activités marines sans contact animal rapproché pendant le même laps de temps. Chaque participant avait arrêté traitement antidépresseur et/ou psychothérapie 4 semaines plus tôt et ne devait consommer ni antidépresseurs ni anxiolytiques pendant l'étude; 5 d'entre eux, dont 2 du groupe de traitement, se sont retirés avant la fin.

Le programme de soins par les dauphins s'est avéré significativement plus efficace sur la symptomatologie dépressive que le programme d'activités simples de pleine nature: sur l'échelle de dépression de Hamilton, les modifications de score étaient respectivement de 8,38 et 4,5 (p=0,002), et au BDI (Beck Depression Inventory) elles étaient égales à 15,46 et 7,58 (p=0,006).

Comme tout travail sur les psychothérapies, cette étude contrôlée randomisée a été menée en simple aveugle et 3 patients ont quitté le groupe témoin en apprenant le résultat de la randomisation. Elle garde pourtant tout son intérêt en montrant l'efficacité et la rapidité d'action de la delphinothérapie indépendamment de l'impact d'un séjour en milieu naturel. Les auteurs pensent que l'influence bénéfique de ces mammifères marins est liée aux émotions esthétiques et relationnelles qu'ils soulèvent et trouvent souhaitable une recherche plus approfondie sur l'impact des sons et du système sonar. Encore de jolies études en perspective!

Dr Odile Biechler
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Publié dans Ecologie

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