Albert Lewin

Publié le par Gray

Albert Lewin

 

 

 

Un esthète à Hollywood

 


"Script clerk" pour Samuel Goldwyn, scénariste et producteur de films de prestige à la Metro-Goldwyn -Mayer (Les Révoltés du Bounty, China Seas), Albert Lewin est l’auteur souvent mal connu du Portrait de Dorian Gray et de Pandora. Cinéaste atypique de l’univers hollywoodien, Lewin était l’ami de Jean Renoir et de Man Ray, le bras droit d’Irving Thalberg à la MGM et un collectionneur passionné d’œuvres surréalistes et pré-colombiennes. Sa carrière multiforme, riche de références musicales, picturales et littéraires est un modèle d’exception

 

Quelle élégance ! J'ai été séduit immédiatement par ses films :

 

 

 

Pandora

Réalisation : Albert Lewin (1951).

Scénario : Albert Lewin, d’après la légende du Hollandais volant.

Photographie : Jack Cardiff, Ted Scaife.

Musique : Alan Rawsthorne.

Montage : Ralph Kemplen.

120 minutes.

Avec : James Mason (Hendrick Van Der Zee), Ava Gardner (Pandora Reynolds), Nigel Patrick (Stephen Cameron), Sheila Sim (Janet Fielding), Harold Warrender (Geoffrey Fielding), Mario Cabre (Juan Montalvo), John Laurie (Angus) Marius Goring (Reggie Desmarest

 L'histoire du Hollandais volant se passant dans un petit village de la côte espagnole. Ava y est sublime et Lewin comme d'habitude génial

 

A la fin de l'été 1930, un corps est retrouvé sur la côte espagnole. L'oncle Geoffrey raconte...
Pandora Reynolds est une sublime chanteuse américaine, adulée de tous. Mettant ses prétendants à l'épreuve, elle demande à Stephen Cameron, un pilote automobile britannique, de jeter sa voiture du haut de la falaise. En échange, elle lui fait une promesse de mariage. Intriguée par un yacht appartenant à un certain Hendrick van der Zee, elle s'y rend à la nage. Ce dernier n'est autre que le Hollandais volant, un marin maudit condamné à naviguer éternellement qui n'est autorisé à vivre une vie humaine que six mois tous les sept ans. A moins qu'une femme n'accepte de mourir par amour pour lui...
Un film d'un romantisme flamboyant, d'une beauté absolue : à voir absolument ! 

 

 

 

 

 

Le portrait de Dorian Gray :

 

Production : Pandro S. Berman
Scénario : Albert Lewin
Art Direction: Cedric Gibbons, Hans Peters
Musique : Herbert Stothart
Avec : Hurd Hatfield (Dorian Gray), George Sanders (Lord Wotton), Angela Lansbury (Sibyl Vane), Donna Reed (Gladys Hallward), Peter Lawford (David Stone), Lowell Gilmore (Basil Hallward), Reginald Owen (Lord George Farmoor), Miles Mander (Sir Robert Bentley).
BW & C-111m.

 Londres 1866. Basil Hallward peint le portrait d'un séduisant jeune homme, Dorian Gray. Ce dernier s'amourache de Sybil Vane, une chanteuse de cabaret mais les conventions rigides de son milieu le font rompre et elle se suicide. En rentrant chez lui, il trouve que son portrait a une expression plus dure.

 

Un de mes films cultes : c'est l'adaptation du roman de Wilde. (voir aussi plus bas l'article sur Wilde : précisions sur le roman)

  Qui aurait pu signer ce petit bijou sinon Lewin. La grande classe  ! Ce film a eu l'Oscar du meilleur film en noir et blanc en 1946.

 

 

Bel ami  (1947)

 

Scénario : A. Lewin, d'après Maupassant
Interprètes : George Sanders (Bel Ami), Angela Lansbury, Ann Dvorak, John Carradine, Hugo Haas.
Noir et Blanc, 119 min.

Dans le Paris du XIXe siècle (1887), un journaliste atteint la célébrité et la fortune au détriment de ses amis. Comment "réussir par les femmes" ? Voici un réel portrait d'arriviste cynique : Sanders y est incroyable.

 

Attention, c'est une libre adaptation du roman. à la fin notamment, Lewin montre combien cet arrivisme systématique conduit à la perte du personnage.

 

Troisième des six films tournés par Albert Lewin, réalisateur, scénariste et producteur ancien associé du légendaire Irving Thalberg, The Private Affairs of Bel-Ami est certainement son film le plus achevé. Adaptation d'une rare intelligence, à la fois fidèle et libre, mêlant les univers de l'écrivain et du réalisateur avec une harmonie stupéfiante, The Private Affairs of Bel-Ami concrétise un défi aux productions historiques de l'époque, voire du cinéma hollywoodien tout court, par son respect et son soin de conserver le mode de vie français de l'époque 1880. Malgré quelques erreurs qui se glissent ici et là (c'est inévitable) : une couverture en patchwork sur le lit de George Sanders, le pupitre du piano d'Angela Lansbury qui porte une inscription anglaise (alors que toutes les autres inscriptions sont en français) ; et les conventions du tournage en studio (les pavés un peu trop propres, les toiles peintes), on ne peut qu'admirer la splendeur plastique de certaines séquences : l'appartement d'Ann Dvorak, pavé d'un carrelage en damier spectaculaire, la chambre où meurt John Carradine, et surtout celle dans Notre-Dame, suggérée ingénieusement, avec des clairs-obscurs superbes. La luminosité, tout en mouvement, en constate, suggère les pensées des personnages, en particulier celles de Bel-Ami, qui se montre séducteur puis rustre avec la même suave ironie, de la même manière que la lumière éclaire plus ou moins les scènes. Plus que tout, on peut admirer avec quel courage Albert Lewin va contre les conventions du film à costume made in Hollywood, non seulement par la reconstitution mais aussi par les personnages, utilisant une série de comédiens et (surtout) de comédiennes qui furent fort mal utilisés, relégués dans des seconds rôles, au mieux, ou oubliés. Il leur offre à tous des rôles inoubliables, parmi les meilleurs de leurs carrières. George Sanders est l'interprète idéal et même définitif du rôle. Qui donc que lui aurait pu donner un portrait aussi corrosif, et paradoxalement, aussi sympathique de Bel-Ami ? Mais c'est surtout trois immenses comédiennes que nous remarquons dans des rôles sublimes. Angela Lansbury tient ici le rôle le plus marquant de sa carrière cinématographique. Elle y suggère avec une intensité rarement égalée la passion amoureuse malheureuse qui la lie avec Bel-Ami, également amoureux d'elle mais qui la sacrifiera à ses ambitions. Ann Dvorak, inoubliable Cesca du Scarface de Howard Hawks, brosse un portrait de femme impitoyable, ambitieuse mais frustrée car elle est une femme, qui trouve en Bel-Ami un double masculin. Et Frances Dee (épouse du comédien Joel McCrea) y est une violoniste libre et intelligente, compagne d'un pianiste aveugle et la seule des femmes du film à ne pas succomber aux charmes de Bel-Ami. Alors que son rôle est le plus court, de toutes c'est la plus lucide. Elle marque le contrepoint ironique face à ces femmes qui se font toutes duper par le sieur bel-Ami. On ne peut oublier quelques moments mémorables : George Sanders tirant sur un mannequin pour effrayer Warren William, son pire ennemi ; celle où il joue au bilboquet et où un homme au second plan, derrière une vitre y joue aussi, celle de la dernière rencontre de Bel-Ami et Clotilde, la seule qu'il ait vraiment aimé.

 

The Private Affairs of Bel Ami


 


 

 

The moon and six pence :

1942, David L. Loew - Albert Lewin
Favorite Films Corporation

Produit par : David L. Loew, Stanley Kramer (associate)

Scénario : Albert Lewin
D'après la nouvelle de W. Sommerset Maugham 
 

Musique : Dmitri Tiomkin

Avec :
George Sanders, Herbert Marshall, Doris Dudley, Eric Blore, Albert Bassermann


Inspirée de la vie de Gauguin, l'histoire de Charles Strickland, agent de change qui laisse tout tomber pour enfin faire ce dont il a toujours rêvé : peindre...

Ce film dont le scénario est une adaptation de la nouvelle de Somerset Maugham (inspirée de la vie de Gauguin) est caractérisé par la la direction toujours élégante de Lewin.

Sanders, en particulier, comme d'habitude est parfait dans le rôle de cet agent de change qui quitte son petit travail d'agent de change à Londres pour devenir peintre à Paris ...

C'est le début de l'aventure...

La sensibilité de Lewin associée à l'écriture de Maugham a poussé le film hollywoodien à un point rarement égalé de sophistication !!!

 

 

 

 

The Moon and Sixpence, 1942

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Publié dans Cinéma

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