Wilde

Publié le par Gray

Oscar Wilde (1854-1900)

 

 

 

 

 

 

 


"Les enfants commencent par aimer leurs parents.
En grandissant, ils les jugent,
quelquefois ils leur pardonnent".

 

 

 

 

 

 

 


 "J'ai mis tout mon génie dans ma vie;
je n'ai mis que mon talent dans mon oeuvre."

 

 

 

 

 

 

 

 

 Photo : oscar-wilde

 

 

 

 

 

 

 
 

 

 

 

 

 

 

     Oscar Wilde est né à Dublin en 1854. Il est le fils d'un chirurgien irlandais de réputation internationale. Sa mère, Jane Francesa Elgee, est une poètesse pleine de ferveur nationaliste, qui dans les années 1840, soutient la cause irlandaise face à l'Angleterre.

Après des études classiques au Trinity College à Dublin, où déjà il fait preuve d'une forte personnalité et se distingue des autres étudiants par l'extravagance des ses vêtements, Oscar Wilde est admis à l'université d'Oxford. Il a notamment comme professeur John Ruskin, l'un des porte-paroles d'un mouvement culturel qui estime que l'art ne doit être que recherche du Beau, sans aucune préoccupation morale ou sociale.

Oscar Wilde est un élève brillant et distingué. Il a les cheveux longs, porte des cravates lavallière et orne les boutonnières de ses costumes d'un œillet, d'un lis ou d'un chrysanthème.

Esprit subtil et excentrique, dandy d'une rare élégance, sa célébrité devient grande dans les milieux culturels et aristocratiques londoniens qui accueillent avec ravissement ses premiers Poèmes (1881).

Il devient très vite l'un des théoriciens de "l'art pour l'art", et le chef de file des "esthètes". Il est ainsi invité à donner une série de conférences aux Etats-Unis sur l'esthétisme.

De retour en Europe, il s'installe à Paris, où il écrit deux pièces de théâtre (la Duchesse de Padoue, 1883),  Véra ou les Nihilistes, 1883) . Il rencontre les principaux écrivains français de l'époque : Verlaine, Mallarmé, Zola, Daudet, et Hugo. De retour à Londres (1884), il épouse l'une de ses admiratrices, Constance Lloyd. Ils auront deux enfants.

Rédacteur en chef du magazine The Woman's World de 1887 à 1889, il y montre ses talents de pamphlétaire et son art du paradoxe. Il s'emploie également à défendre la cause féministe.

Pour ses enfants, il organise des bals costumés et écrit des contes (le Prince heureux et autres contes, 1888). Il publie également des nouvelles (le Crime de lord Arthur Saville et autres histoires, 1891), un essai (Intentions, 1891) et aussi son seul roman (le portrait de Dorian Gray,1891). Voir des précisions sur cette merveille plus bas... 

En 1895, Oscar Wilde décide de porter plainte en diffamation contre le Marquis de Queensberry, le père d'Alfred Douglas, son amant. Ce procès tourne mal. Finalement c'est le Marquis de Queensberry qui porte l'affaire devant les tribunaux, accusant Wilde de pervertir son fils . Oscar Wilde est condamné pour délit d'homosexualité à 2 ans de travaux forcés le 27 mai 1895. Il purgera cette peine dans la très répressive prison de Reading, au sud de l'Angleterre.

Il sort de prison le 19 mai 1897, et s'exile en France, à Berneval, près de Dieppe. C'est un homme brisé et ruiné. Il prend pour pseudonyme le nom de Sebastian Melmoth.

Il publie en 1898, la ballade de la geôle de Reading, un témoignage émouvant sur sa douleur de prisonnier. Il meurt à Paris, en 1900 dans la misère et la solitude. (Sa tombe est visible au père Lachaise)

 

 La tombe d'Oscar Wilde au Père Lachaise

 

 ECOUTEZ LA SUPERBE EMISSION DE PATRICE GELINET SUR LE PROCES D'OSCAR WILDE RACONTE PAR SON PROPRE PETIT-FILS 

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Un des romans qui m'ont le  plus marqué :

Le portrait de Dorian Gray, à lire sans attendre, une merveille d'esprit et un regard incroyablement juste sur la nature humaine.

Cliquez sur Le texte intégral pour lire cette merveille

Le Portrait de Dorian Gray est l'unique roman d'Oscar Wilde. Il le publie dans sa version définitive en 1891 . Cette œuvre hédoniste lui vaut une très grande notoriété, mais une partie du public anglais, sera choqué par l'immoralité du héros . Les nombreuses polémiques qui s'en suivront ne feront que renforcer le succès de Wilde

Dans sa préface, Oscar Wilde y développe sa théorie artistique : "Dire d'un livre qu'il est moral ou immoral n'a pas de sens. Un livre est bien ou mal écrit - c'est tout."

Ce roman a pour héros, Dorian Gray, un dandy émerveillé par sa jeunesse et sa beauté, et qui mène une vie dissolue.

Dans la maison majestueuse de Londres de sa tante, Madame Brandon, Basil Hallward, peintre sans grand renom, rencontre un jeune homme d’une extraordinaire beauté, qui capte immédiatement l’imagination artistique du peintre. Quand le roman s’ouvre Lord Henry Wotton, riche oisif décadent de la bonne société londonienne, a l’occasion d’admirer cette peinture. Enthousiasmé par la qualité de cette œuvre, il veut l’acquérir à n’importe quel prix. Mais, l’auteur décline l’offre et refuse même qu’elle soit exposée. Devant l’insistance de Lord Henry, il lui explique avoir mis toute son âme dans cette peinture et finit par lui avouer l’idolâtrie et même l’amour qu’il éprouve pour son modèle. Dés lors, Lord Henry n’a plus qu’une idée en tête, faire la connaissance du jeune homme. Le peintre, troublé, le supplie de ne pas exercer sur cet être pur sa mauvaise influence. Malgré l’opposition de Basil Hallward, c’est bientôt chose faite. Dorian est à peine entré que Lord Henry, fasciné par le charme, mais aussi la candeur, la pureté et la grâce de Gray, saluant son éclatante beauté, trouve en lui un sujet de réflexion passionnant. Tandis qu’il prend la pose, l’intellectuel l’entretient de quelques-uns de ses plus beaux paradoxes issus de sa philosophie qui est axée sur le plaisir, philosophie brillante en apparence, mais qui justifie tous les débordements, tous les vices. Sa théorie sur la fugacité de la beauté et de la jeunesse, seuls biens inestimables, bouleverse le jeune homme tandis que se dessine sur son visage une expression nouvelle que le peintre est ravi de saisir. Lorsque le tableau terminé, en tout point conforme au modèle, lui est présenté, Dorian, saisi d’une douleur aiguë, s’écrie :

"Je deviendrai vieux, horrible, repoussant. Et cette peinture restera toujours jeune. [...] Que n’est-ce à moi de rester toujours jeune, au portrait de vieillir ! [...] Pour ce miracle, je donnerais mon âme.".


Les jours passent et Dorian fréquente de moins en moins l’atelier du peintre et de plus en plus Lord Henry dont les paroles le subjuguent. Un jour, il découvre, dans un minable théâtre des bas-fonds de Londres, une toute jeune actrice du nom de Sibyl Vane. Conquis par sa beauté et son talent, il va la voir chaque soir avec ravissement car elle incarne à ses yeux toutes les héroïnes de l’amour. Une passion folle naît entre les deux jeunes gens malgré les avertissement du frère de Sybil, James. Dorian invite Basil et Lord Henry à venir admirer Sibyl. Mais, ce soir-là, elle débite son texte d’une voix monocorde, et Dorian, au supplice, profondément humilié, n’a plus pour elle que mépris. Lorsque, radieuse, elle lui révèle qu’il est désormais sa seule passion et que, connaissant l’amour, le feindre sur une scène n’a plus de sens pour elle, il la quitte froidement, ne lui pardonnant pas de l’avoir déçu. Rentré à l’aube après avoir erré longuement, Dorian laisse glisser son regard sur le portrait de Basil et constate avec stupeur que l’expression n’est plus la même. La bouche semble marquée d’une nuance de cruauté. Il se rappelle alors les paroles proférées dans l’atelier lorsqu’il avait désiré ardemment que le portrait assumât le fardeau physique et moral de son être. Celui-ci, tel un miroir, lui avait révélé sa beauté. Allait-il maintenant devenir la révélation de son âme ? La peur et le remords tardif lui dictent une lettre passionnée où il implore le pardon de la jeune fille. Mais il est trop tard : la pauvre s’est donné la mort la nuit même. Si le jeune homme est désespéré, ce sentiment fugace laisse rapidement la place à une indifférence déculpabilisée : il considère cette mort affreuse, sous l’influence intellectuelle et égoïste de Lord Henry, comme un beau drame romantique. Seul le tableau lui rappelle son méfait et, afin de le soustraire au regard de tous, il le fait monter dans une pièce abandonnée de la maison. Désormais, il ne posera plus jamais pour Basil et, par le fait même, il brise sa vie d’artiste.
Pour le distraire, Lord Henry lui fait porter un livre étrange que Dorian vénérera durant de longues années. Sous cette influence néfaste, il se met à mener une double vie, s’adonnant à tous les vices la nuit, dans les tavernes les plus malfamées, recevant avec faste et avec goût le jour, s’intéressant à toutes les formes de l’art, collectionnant les plus belles pièces. Cet abandon éperdu à l’art est une manière d’oublier quelque peu la terreur que lui inspire sa vie dissolue. Cependant, son visage ne garde aucune trace du temps ni des méfaits dont la rumeur, timidement, commence à l’accabler. Souvent, il monte dans la pièce d’étude et observe avec horreur l’évolution de son portrait inconnu de tous : si la ressemblance demeure étonnante, les traits sont devenus laids, l’expression, mauvaise. Chaque coup de pinceau porte la trace de ses chantages, trahisons, plaisirs excessifs. Et le remords le jette dans des actes plus abjects encore. Il en vient au crime le jour où Basil, qui lui est resté fidèle, lui demande la vérité. Dans un accès de folie, Dorian le tue, après lui avoir livré son secret. Il n’a pu pardonner à celui qui, par un prodigieux et atroce miracle, l’a mis jour après jour face à son âme damnée. La nuit après ce meurtre, se rendant à une fumerie d’opium, il est interpellé par James Vane, qui pour venger sa soeur, essaye de le tuer. Dorian s’enfuit dans sa maison de campagne. Lorsque lors d’une partie de chasse, il le tue accidentellement il se sent soulagé un temps. Un temps seulement car poursuivi par ses actes qu’il ne peut effacer, il décide de s’amender. Mais le tableau lui révèle que ses résolutions ne sont dictées que par la ruse et l’hypocrisie. Maudissant le portrait dont il n’a jamais pu se séparer, il se saisit du couteau qui servit à assassiner son ami et lacère la toile. Un grand cri se fait entendre à travers toute la maison jusque dans la rue. Lorsque les domestiques entrent dans la pièce, ils découvrent un splendide portrait de leur maître, dans tout l’éclat de sa jeunesse intouchée. Sur le parquet, un homme au visage ridé, repoussant, gît, un couteau dans le cœur. En examinant les bagues du mort, ils reconnaissent Dorian Gray. 

 

 

 

 

 

 

 

Ce livre a fait résonner en moi quelque chose dont j'avais l'intime conviction depuis longtemps : ce qu'on fait dans la vie se grave de manière évidente sur son visage.

 

 

 

 

 

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Un extrait pour vous mettre dans le bain :

La riche senteur des roses emplissait l’atelier, et lorsque la brise d’été agitait les arbres du jardin, les lourds effluves du lilas, ou la fragrance plus subtile de l’épine rose, pénétraient par la porte ouverte.
Depuis le coin du divan aux motifs persans sur lequel il était étendu, fumant, comme à son habitude, cigarette sur cigarette, Lord Henry Wotton apercevait tout juste l’éclat d’un cytise aux fleurs couleur de miel, suaves comme le miel, dont les rameaux frémissants paraissaient à peine capables de porter le poids d’une beauté aussi flamboyante que la leur, cependant que de temps à autre les ombres fantastiques projetées par les oiseaux en vol s’inscrivaient un instant sur les longs rideaux de tussor tendus sur la fenêtre immense, et créaient passagèrement un sorte d’effet japonais qui lui rappelait le visage blafard comme le jade de ces peintres de Tokyo qui, par l’intermédiaire d’un art nécessairement immobile, tentent de traduire le mouvement et la vitesse. Le murmure obstiné des abeilles cheminant lourdement parmi les hautes herbes qu’on n’avait pas encore tondues, ou faisant des cercles monotones au-dessus des aigrettes dorées et poudreuses du chèvrefeuille qui poussait en tout sens, semblait rendre le silence encore plus oppressant. Le grondement indistinct de Londres était comme le bourdon d’un orgue dans le lointain.

Au centre de la pièce, fixé sur un chevalet droit, se dressait le portrait en pied d’un jeune homme d’une beauté extraordinaire et, face à lui, à quelque distance, était assis l’artiste lui-même, Basil Hallward, dont la disparition subite, il y a quelques années, suscita dans l’opinion un tel émoi et fit naître de si étranges conjectures.

Le peintre regardait la forme gracieuse et avenante que son art avait si habilement reflétée, et un sourire de plaisir passa sur son visage et parut vouloir s’y attarder. Mais soudain, il sursauta et, fermant les yeux, posa les doigts sur ses paupières, comme s’il cherchait à emprisonner dans son cerveau un rêve curieux dont il redoutait de s’éveiller.

« C’est votre plus belle œuvre, Basil, la meilleure chose que vous ayez jamais faite, dit Lord Henry et nonchalamment. Il faut absolument que vous l’envoyiez à la Grosvenor l’an prochain. L’Académie est trop grande et trop vulgaire. Chaque fois que j’y suis allé, ou bien il y avait tant de gens que je n’ai pu voir les tableaux, ce qui était déplorable, ou bien tant de tableaux que je n’ai pu voir les gens, ce qui était pire. Vraiment, il n’y a que le Grosvenor.

- Je ne crois pas que je l’enverrai où que ce soit », répondit-il, rejetant la tête en arrière de cette façon bizarre qui provoquait à Oxford l’amusement de ses amis. « Non, je ne l’enverrai nulle part. »
Lord Henry haussa le sourcil et le fixa d’un air étonné, au travers des volutes de fumée bleues que formait, en tournoiements pleins de fantaisie, une cigarette qui dégageait un lourd parfum d’opium. « Nulle part ? Mais pourquoi donc, mon cher ami ? Avez-vous quelque raison valable ? Que vous êtes bizarres vous autres artistes ! Vous feriez n’importe quoi pour vous faire une réputation. Et dès que vous en avez une, on dirait que vous voulez vous en débarrasser. C’est absurde, car il n’y a qu’une chose au monde qui soit pire que d’être l’objet de toutes les conversations, c’est de n’être l’objet d’aucune. Un portrait comme celui-ci vous installerait très au-dessus de tous les jeunes artistes d’Angleterre et rendrait les vieux terriblement jaloux, pour autant que de vieilles gens soient capables de quelque émotion.

Et également à voir, le film tiré du roman d'un des réalisateurs parmi les plus élégants, Monsieur Albert Lewin !! (J'adore !)

Lisez aussi l'article sur Lewin  

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En cadeau, quelques vérités wildiennes :

 

Je vis tellement au-dessus de mes revenus qu'en vérité nous menons, eux et moi, une existence entièrement séparée.

 

Les femmes ont beaucoup plus de chance que les hommes sur cette terre, beaucoup plus de choses leur sont interdites.

 

Je ne voyage jamais sans mes mémoires. Il faut toujours avoir quelque chose de sensationnel à lire dans le train.

 

Il n'y a que deux sortes de gens vraiment attrayants : ceux qui savent absolument tout et ceux qui ne savent absolument rien.

 

Quand on dit la vérité, on est sûr d'être tôt ou tard découvert.

 

Les mélomanes sont absurdement peu raisonnables. Ils veulent toujours que l'on soit absolument muet au moment où l'on ne demande qu'à être totalement sourd.

 

L'expérience, nom dont les hommes baptisent leurs erreurs.

 

Un rêveur est celui qui ne trouve son chemin qu'au clair de lune et qui, comme punition, aperçoit l'aurore avant les autres hommes.

 

La vie est tout simplement un mauvais quart d'heure composé d'instants exquis.

 

C'est toujours un tort de donner des conseils, mais en donner de bons ne vous sera jamais pardonné.

 

 

 

 

 

 

 

 Les hommes veulent toujours être le premier amour d'une femme. C'est là leur vanité maladroite. Les femmes ont un sens plus sûr des choses. Ce qu'elles aiment, c'est être le dernier amour d'un homme.

 

Nous sommes tous dans le caniveau, mais certains d'entre nous regardent les étoiles.

 

N'importe qui peut compatir aux souffrances d'un ami, mais seule une personne dotée d'une nature exceptionnelle est capable de se montrer sensible au succès d'un ami.

 

On peut supporter l'adversité, elle vient de l'extérieur et n'est qu'accidentelle. Tandis que souffrir pour les fautes qu'on a commises - Ah! c'est là que la vie nous blesse.

 

La vie n'est gouvernée ni par la volonté ni par l'intention. La vie est une affaire de nerfs, de fibres et de cellules lentement amassées, c'est là que se cache la pensée, là que la passion vit ses rêves.

 

L'amour est le privilège des riches et non l'occupation des sans-emploi. Les pauvres devraient être prosaïques et avoir le sens pratique.

 

Il n'est pas recommandé de trouver des symboles dans tout ce que l'on voit. La vie n'est plus alors qu'une suite de terreurs.

 

Une cause n'est pas nécessairement vraie parce qu'un homme meurt pour elle.

 

Nous apprenons aux gens à se souvenir, nous ne leur apprenons jamais à progresser

 

L'ennui est la seule chose horrible dans ce monde. C'est le seul péché pour lequel il n'existe pas de pardon.

 

Les hommes sont de tels poltrons! ils bafouent les lois du monde et craignent les mauvaises langues.

 

L'âme est vieille à la naissance mais rajeunit. C'est la comédie de la vie. Le corps est jeune à la naissance et vieillit. C'est la tragédie de la vie.

 

Aujourd'hui tout le monde est intelligent. On ne peut aller quelque part sans rencontrer des gens intelligents. C'est devenu un véritable fléau social.

 

Je ne suis pas certain de bien savoir ce que le pessimisme signifie vraiment. Tout ce que je sais c'est que l'on ne peut pas comprendre la vie sans une bonne dose de charité, ni la traverser sans une bonne dose de charité. C'est l'amour et non la philosophie allemande qui nous donne l'explication de ce monde, quelque soit l'explication de l'autre monde.

 

Dans les affaires très sérieuses, l'essentiel est le style, pas la sincérité.

 

Un sentimental est un homme qui donne à tout une valeur absurde et qui n'a aucune idée du prix de quoique ce soit.

 

Ne me dîtes pas que vous avez épuisé la vie. Quand quelqu'un vous dit cela, on sait bien que c'est la vie qui l'a épuisé.

 

Nous sommes tous dans le caniveau, mais certains d'entre nous regardent les étoiles.

 

Qu'est-ce qu'un cynique? Un homme qui connaît le prix de toute chose sans en connaître la valeur.

 

Un grand poète, un poète vraiment grand est la moins poétique de toutes les créatures. Mais les poètes mineurs sont extrêmement fascinants. Plus leurs rimes sont mauvaises, plus ils sont pittoresques. Le simple fait d'avoir publié un sonnet de second ordre rend un homme tout à fait irrésistible. Il vit la poésie qu'il ne peut pas écrire. Les autres écrivent la poésie qu'ils n'ont pas le courage de vivre.

 

La valeur d'une idée n'a absolument rien à voir avec la sincérité de l'homme qui l'exprime.

 

La musique nous crée un passé que nous ignorions et éveille en nous des chagrins qui avaient été dissimulés à nos larmes.

 

Une conversation érudite est soit l'affectation d'un ignorant, soit la profession d'un homme mentalement désœuvré.

 

La véritable école de l'art n'est pas la vie, mais l'art.

 

L'objectif du menteur est simplement de charmer, d'enchanter, de faire plaisir. Il est la base de la société civilisée.

 

C'est du spectateur et non de la vie que l'art est en fait le miroir.

 

Je n'avais encore jamais compris ce qu'était la terreur; maintenant je le sais. C'est comme si une main de glace venait se poser sur notre cœur. C'est comme si notre coeur palpitait à mort au fond d'un gouffre.

 

Un esprit obtus n'était que sérieux avant d'atteindre l'âge adulte.

 

Ce n'est qu'en refusant de payer ses factures que l'on peut assurer sa survie dans la mémoire des classes commerçantes.

 

On devrait toujours être légèrement improbable.

 

Les époques vivent dans l'histoire du fait de leurs anachronismes.

  

 

 

 

 

 

Dorian

Source : www.alalettre.com (merci à ce superbe site très complet) :)
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Publié dans Littérature

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